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10 ans déjà !

2004 – 2014 : 10 années marquées par une évolution forte de la chose ludique.

Lors de la décennie précédente 1994-2004, du fait de mes multiples activités, j’ai peu joué à l’exception notable des CCG tel Magic et consorts et du coup  j’ai raté les colons de Catane et la révolution ludique associée. Rassurez vous je l’ai découvert à la fin des années 90 et je fus frappé par le changement par rapport à Fief, Age of Renaissance ou History of the World que nombre d’entre vous n’ont pas connus.

Lors de mon come-back intensif au jeu de plateau il y a 10-12 ans, j’ai découvert un autre monde passant de la production française et américaine de mon enfance à la production allemande ou similaire (et oui my Precious Splotter).

si Magic et Catane sont des révolutions du milieu des années 90, et même si je n’oublie pas les loups-garou de Thiercelleux au début des années 2000 (mais qui n’avait pas à l’époque provoqué une mutation du secteur), le choc suivant est en réalité arrivé beaucoup plus tard à la fin des années 2000. Il s’agit de Dixit.

Pourquoi ?

  • Parce qu’il s’agit d’un vrai succès du jeu à la française. Oui le mot est lancé et n’en déplaise aux esprits chagrins, il y a bien un type de jeu « à la française » ou plutôt francophone !
  • Parce qu’il a remporté le Spiel des Jahres marquant un changement d’orientation du prix !
  • Parce qu’il a servi d’exemple dans la qualité des graphismes !

A ce titre, Dixit illustre parfaitement la nouvelle orientation du marché avec des jeux plus courts, aux règles plus simples, agréable à l’oeil et se vendant par brouettes

Depuis 2009, les éditeurs « historiques » se développent et embauchent, de nouveaux éditeurs et de nouveaux auteurs arrivent en masse, le financement participatif facilite la création de projet, les joueurs sont de plus en plus nombreux, bref que du bonheur en apparence…

Et pourtant, je nourris une inquiétude car à l’exception du mastodonte qu’est Asmodée, le monde ludique est constitué de très petites structures qui doivent s’adapter ou évoluer très vite pour survivre. Je pense aux éditeurs mais également aux boutiques spécialisées par exemple. Je pense à la course en avant (vous avez dit 800 jeux à Essen ?) pour obtenir un Best-seller entraînant une saturation potentielle du marché ! Je pense surtout à l’évolution de la Bande dessiné dont j’étais grand amateur dans le temps !

Hors Best-seller, les productions des BDs sont similaires en termes de quantité à celle des jeux de société. Le nombre de titres ne permet pas aux libraires de tous les proposer. 1 ou 2 mois après leur sortie, en cas d’échec commercial, ils disparaissent. Les auteurs de BD n’en vivent plus (cf. leur lettre ouverte), les auteurs de jeux n’en vivent pas à quelques exceptions près non plus. Surtout en caricaturant un peu,  la qualité globale a baissé avec une offre trop semblable dans un format trop proche, et seulement orientée grand  public.

Donc, je suis inquiet de voir le monde du jeu sur les traces de la BD. J’espère me tromper et vous donne rendez-vous dans 5 ans pour un nouveau bilan.

Ludiquement,